Optimisation
de la collecte nationale et du stockage des spécimens
de mammifères aquatiques, dans la perspective d'une meilleure
valorisation scientifique.
Organisé
durant le XXVIIème Colloque de Mammalogie de la SFEPM
(Limoges, octobre 2004) sous forme de
table ronde,
ce thème a fait
suite à une réunion informelle tenue
le 10 mars 2004 au Muséum National d'Histoire Naturelle
à Paris, concernant l'état des lieux et l'organisation
en France d'un réseau de collecte des spécimens
de mammifères aquatiques "patrimoniaux"
(loutre, vison d'Europe, castor...) ou non, et l'inventaire
des études et recherches
associées (biométrie, anatomopathologie, toxicologie,
parasitologie, génétique...). Inscrite au Plan
de Restauration de la Loutre en France (MATE, 2000), cette
initiative porte notamment sur l'état de la collecte
et du stockage des spécimens de loutres, en particulier
en ce qui concerne les réseaux naturalistes, l'oncfs,
les muséums régionaux, les zoos..., la mise au
point de fiches de collecte, de protocoles post-mortem adaptés,
d'un Réseau d'épidémiosurveillance en France...
etc. Cet article fait le point
sur l'avancement de cette démarche,
afin de mieux optimiser en amont les processus de collecte et
stockage et en aval les besoins de recherche finalisée
à la conservation des espèces.
Inscrite
notamment au Plan de Restauration de la Loutre en France (MATE,
2000), initiative relancée en réunion du Groupe
Loutre National de la SFEPM en mars 2003, la collecte de specimens
trouvés morts de loutres – et autres mammifères
aquatiques – s' est développée dans les
diverses régions françaises via des structures
publiques (Museums, agents de l' Office National de la Chasse,
Conseil Supérieur de la Pêche…) ou privées
(Fédérations de Chasse ou de Pêche, généralement
pour taxidermie des specimens, réseaux naturalistes sous
couvert d' Associations nationales ou régionales, individuels…etc).
Cette collecte n' a pas nécessairement fait toujours
le lien avec les besoins, en aval, exprimés au niveau
de la recherche scientifique. Ceci a abouti à une situation
finalement assez préjudiciable, et parfois inextricable,
à un avancement des connaissances finalisées à
la conservation des espèces. Certains spécimens
collectés ne sont pas localisables, exploitables, ou
sont même détruits in fine « pour
faire de la place dans les congélateurs »,
ce qui constitue une perte précieuse d' information pour
des espèces rares et protégées.
L'
objet de la réunion informelle tenue le 10 mars 2004
au Muséum National d'Histoire Naturelle à Paris
a visé à dresser un état des lieux et tenter
de mieux organiser en France un réseau plus transparent
de collecte des spécimens de mammifères aquatiques
"patrimoniaux" (loutre, vison d'Europe, castor...)
ou non, et l'inventaire des études et recherches associées.
La table ronde organisée au Colloque de Limoges
en octobre 2004 a permis de réévoquer cette question.
1.
Etat des lieux et organisation d'un réseau de collecte
des spécimens
F.
Léger a précisé que l'ONCFS a mis en place
un carnet de bord petits carnivores (sauf renard) disposé
dans chaque véhicule des agents des services départementaux
et qui permet la récolte de 8000 à 9000 données/an,
dont 10 à 20 informations de loutres, mais :
-
il n'y a pas forcément de dépouilles de spécimens
associés à ces données
-
la collecte des cadavres par les services de l'ONCFS n'est pas
systématique, sauf dans les départements où
la loutre est rare ou très rare. Dans ce cas, les découvertes
font généralement l'objet d'un rapport des services
concernés qui est transmis au CNERA prédateurs.
Certaines loutres sont encore conservées dans les congélateurs
de l'ONCFS. D'autres ont été aiguillées
jusqu'à 2003 vers le Muséum de La Rochelle.
F.
Léger a posé la question du retour d'informations,
vers les collecteurs, des résultats des recherches effectuées
sur les spécimens de loutres.
Le
CNERA-PAD de l' ONCFS ayant validé le principe de la
démarche de Réseau, ainsi que le contenu de la
fiche
de collecte remplie par
les agents de terrain, François Léger va faire
envoyer une note de cadrage aux Directions régionales
de l'ONCFS pour obtenir et transmettre un état des lieux
précis des spécimens conservés.
Au
sujet des castors, une vingtaine de spécimens sont trouvés
annuellement en France (34 pour l'année 2001 et le 1er
semestre 2002). Il s'agit principalement d'animaux victimes
de collisions qui font l'objet d'une fiche "mortalité"
remplie par le correspondant du réseau castor de l'ONCFS.
Toutefois, les dépouilles ne sont pas stockées
et sont généralement détruites. Remarquant
que ces spécimens devraient au moins être aiguillés
vers le sagir (cf. missions infra), François Moutou a
déploré cette perte d'information (par exemple
: recherche de leptospirose chez le castor) s'agissant d'un
matériel biologique rare, d'espèces protégées
et mal connues. Il a interrogé l'Institut Français
de la Biodiversité sur cette question.
S'
est posée la question de l'état des stocks de
loutres entreposés au Muséum de La Rochelle (combien ?
sous quelle forme ? congelés ? préparés ?
devenir de ces stocks ?), que G. Véron (MNHN) a
interrogé. Un courrier standard d' information sur la
structuration du Réseau va être progressivement
envoyé à tous les autres Muséums régionaux.
Pascal
Fournier (Mission Vison) fait un rappel sur le réseau
vison d' Europe : il concerne huit à neuf départements
du sud-ouest, récupération de cadavres, stockés
congelés. Loutres : Jusque 2003, les prélèvements
requis pour les études connues par le GREGE étaient
faits, transmis aux structures en demande puis le cadavre définitivement
exploité était transmis à la Rochelle.
Depuis 2003, les prélèvement habituels sont réalisés,
stockés au GREGE tout comme le cadavre.
En
matière de collecte, J.R. Gaillet (ONCFS Unité
sanitaire de la faune) n' a pas estimé réaliste
d'ajouter une procédure de collecte supplémentaire
(par exemple : transmission de tous les spécimens à
l'école du Bouchet dans le Loiret), mais pose la question
de profiter du réseau existant (SAGIR), sur le modèle
de ce qui se fait pour le chat sauvage. La question se pose
de la nécessité de centraliser et de standardiser
: le réseau SAGIR peut-il être mis à contribution?
Un intérêt est une possibilité du transport
d'animaux protégés. Mais s' agissant des missions
du SAGIR, les espèces non-gibier ne sont pas prioritaires
(10% des fiches en 2003) car ce sont les Fédérations
départementales des Chasseurs qui paient.
L'
« enregistrement SAGIR » repose sur
le principe, créé en 1986, d' une fiche en 5 exemplaires
autocopiants, qui garantit le suivi de l' animal et la facturation
des analyses.
S'agissant
des spécimens à stocker de mammifères aquatiques
(protégés), L. Lafontaine a estimé que
cela doit représenter en moyenne annuellement entre 50
et 100 unités pour toute la France, avec évidemment
d'importantes disparités selon les régions.
Au
SAGIR, il n' y a pas de "budget propre" pour cela,
mais la question se pose pour un petit nombre. En fait le SAGIR
collecte. Ensuite les analyses doivent dépendre des travaux
entrepris et pris en charge par les labos intéressés
par ces travaux. Certains laboratoires vétérinaires
départementaux (LVD), qui dépendent des Conseils
Généraux, s'ils sont intéressés,
pourraient être des lieux éventuels de stockage
des cadavres, en pensant que cela signifie aussi des congélateurs
-80°C. Ces LVD représentent aussi une garantie de
bonnes pratiques de laboratoire (assurance qualité).
Problème
d' échelle : les spécimens seraient plutôt
à regrouper au niveau (supra-) régional. Le projet
est de créer une banque opérationnelle de tissus
disponibles pour répondre aux problématiques
de recherche en aval.
L.
Lafontaine suggère alors la possibilité d'organisation
suivante : elle viserait, en direction des études et
recherches, à rendre plus informatif (transparent) le
stockage des spécimens (base de données unique)
sans pour autant que les spécimens ne soient, eux, nécessairement
regroupés en un seul et même endroit; pour ce faire,
il a proposé :
(a)
- la définition de cinq grands secteurs au plan
national, regroupant chacun plusieurs centres de stockage
reconnus/identifiés/accrédités, et
auxquels participeraient aussi les muséums et les zoos.
(chaque
secteur regroupant trois à quatre régions et 15
à 25 départements) :
cf.
carte
1
-
Sud-Ouest / Adour-Garonne aval
-
Massif Armoricain
-
Massif Central & Rhône-Alpes
-
"Centre-Nord"
-
Nord-Est
Les
agents ONCFS, ainsi que tout autre acteur du réseau de
stockage, auraient ainsi une information claire sur les coordonnées
du « centre de stockage accrédité »
le plus proche.
(b)
- la création et mise à jour d'une base de
données centralisée (: unique) regroupant
toutes les "entrées" (par ex : 1 spécimen,
de telle espèce, récupéré par untel,
à tel endroit, à telle date, stocké congelé
par tel centre, + biométrie et prélèvements
éventuels disponibles)
-
réactualisation régulière de cette base,
qui pourrait être mise en ligne sur un site internet (reseau-loutres.org)
en direction :
a)
du réseau des "collecteurs" (1er retour d'information)
b)
des équipes de recherche & étudiants en aval,
pour des études non nécessairement géographiquement
sectorisées.
Cette
base pourrait aussi idéalement prévoir une information
sur le devenir ultérieur des échantillons prélevés,
identification laboratoire, résultats obtenus?, soumis?,
publiés?...etc.
L.
Lafontaine a ainsi élaboré et transmis fin 2004
un premier modèle standardisé de la fiche
de collecte qui pourrait
être remplie par chaque acteur du réseau. La standardisation
de la fiche d'entrée, en fait de toute la démarche,
est essentielle.
Pascal
Fournier a soulevé la question du stockage ultérieur
: faut-il garder les spécimens?, comment ?... G.
Véron a évoqué la nécessité
d'un protocole de prélèvement des échantillons,
puis le fait de confier ultérieurement les spécimens
dans les collections nationales. Après prélèvements,
le but n' est pas de stocker congelé. Une préparation
des spécimens (peaux, squelette) peut-être envisagée,
notamment au MNHN.
Un
protocole "standard" de protocole
d' autopsie et de
prélèvement d' échantillons a ainsi
été formalisé par L. Mercier et H. Jacques,
d' après une traduction adaptée du protocole
post mortem établi par V. Simpson, un vétérinaire
anglais.
2.
Utilisation de la bromadiolone et autres anticoagulants contre
les rongeurs nuisibles
Depuis
de nombreuses années, la lutte collective contre les
rongeurs classés nuisibles fait appel, au moins partiellement,
à des molécules à activité anti-vitamine
K ou anticoagulantes. Les principales utilisées en France
sont la bromadiolone et la chlorophacinone. La lutte chimique
contre le ragondin et le rat musqué repose sur ces substances,
auxquelles s'ajoute le scilliroside, sous forme de radeaux employés
dans les zones humides. Cependant ces traitements provoquent
des accidents sur espèces non-cibles : des prédateurs
et nécrophages (mustélidés, renard, rapaces),
des omnivores (sangliers) et, parfois des herbivores (chevreuil,
léporidés). Les mortalités observées
concernent à la fois des espèces courantes et
des espèces rares, protégées voire en extinction
sur le territoire national (vison d'Europe...). Les analyses
menées sur un échantillon de 122 cadavres de carnivores
semi-aquatiques du grand sud ouest a permis de confirmer la
forte contamination de ces espèces et les risques encourus
la
"circulaire bromadiolone" du 24/11/2003 :
L'Arrêté
ministériel du 8 juillet 2003 précise que la lutte
chimique contre les rongeurs nuisibles doit se faire à
titre exceptionnel. Des dérogations sont prévues
selon la présence de mammifères aquatiques protégés
(cf. infra). Une transition vers l'abandon progressif de la
lutte chimique à l'horizon 2006 est enfin également
prévue.
JR
Gaillet (ONCFS) a précisé que la circulaire d'
application
(de cet Arrêté) du 24 novembre 2003 autorise aussi
l'épandage de scilliroside qui provoque un arrêt
cardiaque, ce qui pose bien évidemment problème
pour les espèces protégées. D'autre part,
la circulaire cite nommément la présence des mammifères
aquatiques « patrimoniaux » (loutre, vison
d' Europe, castor…) comme dérogatoire pour ne
pas utiliser la bromadiolone (et les « pièges
tuants » non sélectifs). La SFEPM a été
sollicitée par France Nature Environnement pour produire
une zonation nationale des trois espèces, "suffisamment
précise" (par cantons ou bassins versants). Via
F. Moutou, L. Lafontaine a répondu à FNE que,
selon lui, sauf exception, l'échelle opérationnelle
la plus pertinente apparaît en premier lieu départementale
(mobilité & évolution spatiale des espèces...etc.).
A cette fin a été établie une première
ébauche de carte
synthétique nationale
(présence conjointe des 3 espèces à l'
échelle départementale)
Cette
carte a été transmise à France Nature Environnement
pour renvoi vers ses associations adhérentes le 10 janvier
2005 ( P. Guy / Réseau Agriculture FNE) :
France Nature Environnement négocie le retrait
progressif de l' usage de la bromadiolone dans la lutte contre
le ragondin et le campagnol terrestre.
Cette
lutte par empoisonnement, piégeage… est encadrée
par un arrêté interministériel de juillet
2003 et une circulaire de novembre 2004 interdisant l' usage
de la bromadiolone dans certaines situations et la restreignent,
la déconseillent dans le cas de zones Natura 2000, dans
les secteurs où la présence soit de la Loutre,
soit du Vison d' Europe, soit du castor européen est
avérée. La mise en œuvre en est assurée
en département par arrêté préfectoral
qu' il vous appartient de négocier.
La
SFEPM (Société Française d' Étude
et de Protection des Mammifères) a établi pour
les associations membres de France Nature Environnement, une
carte donnant par département la présence de ces
espèces, que vous trouverez ci-jointe.
Cette
carte à l' échelle départementale est un
outil pour négocier l' abandon, ou le retrait progressif
de l' usage de la bromadiolone auprès de chaque préfet
départemental.
Vous
trouverez par ailleurs ci-joint de bonnes cartes de répartition
de la Loutre et du Vison d' Europe en France, soit selon les
réseaux hydrogéographiques (Vison), soit par maillage
type Atlas 1/50 000 (Loutre) qui sont à votre disposition
par courriel auprès de Poitou-Charentes Nature .
Merci
de bien vouloir transmettre ces informations à vos associations
membres concernées. »
3.
vers un Réseau d'épidémiosurveillance des
mortalités des petits Carnivores en France
Pascal
Fournier a suggéré l' établissement d'
un Plan National de surveillance Bromadiolone auprès
du Ministère de l' Ecologie (DNP) : Ph. Berny (ENV Lyon)
a formalisé un premier projet.
Voici les éléments principaux de ce programme
:
Ce
programme national en cours de mise en place vise à établir
un Réseau d'épidémiosurveillance des mortalités
des petits Carnivores en France. Il serait porté conjointement
par le réseau SAGIR sous l'égide de l'Office National
de la Chasse et de la Faune Sauvage, les laboratoires vétérinaires
départementaux et le laboratoire de toxicologie de l'École
Nationale Vétérinaire de Lyon (Pr P. Berny).
Des accidents constatés sur le terrain, et les inquiétudes
soulevées par l'utilisation de bromadiolone en zone d'agriculture
biologique ont amené l'AFSSA à proposer que ces
aspects soient revus dans un programme scientifique défini.
Les raticides anticoagulants sont utilisés depuis plusieurs
décennies pour la lutte contre les principaux rongeurs
commensaux ou sauvages. Le coumafène, le plus ancien
des composés utilisés, ne permet pas de répondre
très efficacement aux pullulations de rongeurs. En effet,
il n'est actif qu'après plusieurs ingestions répétées
et de nombreuses espèces de rongeurs ont développé
des formes de résistance. Pour pallier ces déficiences,
de nouvelles molécules (seconde génération)
ont été développées et commercialisées.
Leur principale caractéristique est d'être toxique
pour le rongeur après une seule ingestion et de provoquer
la mort en quelques jours.
La
rémanence des anticoagulants dans le foie semble être
l'élément principal à l'origine de leur
toxicité secondaire. Ainsi, le brodifacoum, est impliqué
dans de nombreux accidents sur la faune sauvage dans les pays
où il est utilisé pour la lutte collective ou
les éradications massives. En Europe, les données
sont limitées. Une étude menée en Grande-Bretagne
montre qu'il est possible de retrouver des résidus de
raticides sur les mustélidés, hermine et belette.
Ces résultats sont parcellaires. Deux études plus
récentes
portant sur 100 putois ont montré que 25 à 31%
des animaux capturés avaient des résidus mesurables
de raticides. En l'absence de données sur la toxicité
des anticoagulants à ces faibles doses, il est impossible
de conclure en l'état sur les risques pour l'espèce
concernée. Une enquête utilisant les données
du réseau SAGIR de surveillance sanitaire de la faune
sauvage a mis en évidence la réalité du
phénomène d'intoxication secondaire de renards
et de buses variables dans notre pays.
Récemment, une recherche systématique de huit
molécules d'anticoagulants dans des prélèvements
de foie de spécimens de mammifères aquatiques
(quatre espèces) ont montré que, globalement,
14% des échantillons étaient positifs aux anticoagulants.
La plupart du temps les animaux sont morts accidentellement,
mais dans trois cas la bromadiolone a été directement
imputable à la mort des animaux (deux putois, un vison
américain).
Présence
d'anticoagulants détectés dans le foie de quatre
espèces de mammifères aquatiques, en pourcentages
du nombre d'animaux analysés par espèce (nombre
entre parenthèses). (d' après Fournier-Chambrillon,
2004)
La collecte systématique, par l'intermédiaire
du réseau SAGIR des cadavres de petits carnivores, transmis
aux laboratoires vétérinaires départementaux
puis au laboratoire de toxicologie de l'École Nationale
Vétérinaire de Lyon permettrait d'avoir une estimation
de la contamination des petits carnivores par les raticides
sur l'ensemble du territoire. L'objectif de ce travail est de
déterminer l'impact sur la faune non-cible des luttes
chimiques contre les rongeurs au travers des chaînes alimentaires.
Les résultats attendus doivent permettre de mieux cerner
: les espèces concernées (parmi les prédateurs),
les circonstances d'exposition, les teneurs résiduelles
et les conséquences toxicologiques.
5.
mise en place du Réseau de collecte : aspects logistiques
Ph.
Berny précise que l'ENV de Lyon peut stocker des spécimens.
Plusieurs congélateurs à -80°. Dans le Sud-Ouest,
P. Fournier précise que 90% des visons sont traités
à l'état frais. 3 congélateurs de 500 litres
sont utilisés. A Angers (Université), les capacités
de stockage sont limitées, ainsi qu' en Bretagne, mais
Océanopolis Brest dispose aussi d'un peu de place ainsi
qu'un congélateur -80°.
Le
Plan de Restauration Loutre ne devrait-il pouvoir permettre
de programmer l'acquisition de nouveaux congélateurs ?,
via une commande groupée, lorsqu'ils font défaut.
François
Moutou a posé aussi la question du stockage des spécimens
(protégés : annexe 1 CITES) morts dans les
zoos (exemple : visons d' Europe baltes de T. Maran à
Thoiry). Au même titre que les Muséums, il est
prévu de questionner les différents zoos pour
qu'ils adhèrent et participent à l'organisation
de ce réseau (s'agissant des espèces à
l'annexe 1 de la CITES par exemple) : transparence des cas de
mortalité subis, stockage dans l'établissement
ou transmission à un « centre accrédité »,
participation à la base de données (fiches).
Enfin,
ainsi que cela a été aussi déjà
évoqué en réunion de préparation
du Plan de Restauration Loutre au Ministère de
l'Environnement, il serait nécessaire (dans une logique
de Réseau, au delà des autorisations individuelles
obtenues par certains) de remettre à jour les autorisations
de transports pour le réseau de biologistes et naturalistes
qui ne disposent pas d'autorisation permanente et participent
aux collectes sur le terrain. Une telle autorisation (de transport
de loutres) avait déjà été délivrée,
par le Ministère de l' Environnement en décembre
1993, à un certain nombre de membres de la SFEPM, « sur
l' ensemble du territoire national, dans le cadre du protocole
fixé par le programme d' étude et de protection
sur la loutre d' Europe, et visant à définir les
causes réelles de mortalité, le degré de
contamination des specimens par les biocides, les parasites
éventuels et l' identification génétique
des populations concernées » .
6.
Etudes et recherches engagées ou en cours
castor
:
-
un travail de taxonomie ostéométrique du genre
Castor en Europe a été entrepris dans les années
90 par J.L. Sénotier (Nature Centre),
auquel ont notamment contribué G. Véron et L.
Lafontaine. Il a été complété par
une étude britannique liée à la faisabilité
de réintroduction de l'espèce en Écosse.
-
une recherche en génétique moléculaire
a été entreprise par H. Ellegren, universitaire
suédois,
F. Léger/l'ONCFS et L. Lafontaine ont à sa demande
fourni des échantillons.
-
JF Ducroz réalise un post-doctorat en Allemagne sur les
castors eurasiens et devait contacter l' ONCFS à ce sujet
(sur conseil G. Veron). Pas de valorisation scientifique à
l' heure actuelle pour les cadavres de castors, sauf une étude
(par un vétérinaire alsacien, L. Gangloff, pour
le Zoo de l'Orangerie, Strasbourg) sur Platypsyllus castoris,
coléoptère parasite du castor).
-
L. Lafontaine stocke (est intéressé par, aussi)
des tissus et des poils de castors pour une recherche en toxicologie,
notamment métaux, et éventuellement radio-écologie.
loutre
:
a) biométrie
un
travail de biométrie lié au calcul comparatif
de la condition physique d'un échantillon français
(9 départements) a été entrepris par Lionel
Lafontaine ,
ce travail se poursuit, l' objectif étant d'intégrer
cela de façon "automatique" dans le projet
de base de données centralisée (approche interrégionale
par exemple). Premier exemple concernant quelques spécimens
de loutres mâles françaises.
Un
bilan biométrique a été également
développé sur des spécimens des Marais
de l'Ouest par René Rosoux dans le cadre de sa thèse
.

exemple
comparatif (valeurs individuelles et courbes de régressions)
illustrant l' indice moyen de condition physique de loutres
mâles, obtenu à partir de diverses collections
françaises (sources : Lafontaine, 1995 ; Rosoux,
1998 ; Brière : Moyon, comm. pers.), par rapport
à celles d' Espagne (Ruiz-Olmo, 1994) ou d' Ecosse (Kruuk
et al.,1987).
b) anatomopathologie, virologie
Information
à préciser.
c) parasitologie
un
travail a été entrepris avec R. Fons (Banyuls)
.
d) toxicologie
S.F.E.P.M.
: une première étude menée sur un échantillon
de 27 loutres originaires de 8 départements français
(44, 85, 17, 16, 33, 79, 15, 19); Résultats publiés
par l' Institut de Zoologie de Liège (B)
.
Secondes
analyses LPTC Bordeaux et LBEM La Rochelle, à travers
2 DEA et une thèse vétérinaire (Bustamante,
comm. pers.)
Validation
F. Leboulenger (Le Havre), sur matériel ayant transité
chez R. Rosoux.
Lionel
Lafontaine /Réseau SOS-Loutres :
-
1er volet (1987-95) portant sur l'analyse préliminaire
de trois ,
puis de 24 spécimens
originaires de 5 régions et 9 départements français
: 17, 21, 22, 29, 33, 40, 44, 56, 85. (371 analyses sur 106
échantillons de tissus).
- 2ème volet (1994-99), réalisé dans le
cadre de la Cellule d'Orientation Régionale pour la Protection
des Eaux contre les Pesticides en Bretagne (Préfecture
de Région) : méthode complémentaire d'évaluation
de la contamination des biocénoses aquatiques sur 2 bassins-tests
; processus de transferts des phytosanitaires et organochlorés
(triazines, insecticides et PCBs) au sein des chaînes
alimentaires (sédiments, poissons, prédateur piscivore
: loutre), travail de modélisation, validation d'une
méthodologie de monitoring de contamination des biocénoses
aquatiques (220 analyses).
-
essai de synthèse avec L.F. de Alencastro (EPFL Lausanne,
Suisse) concernant la problématique loutre & contamination
des poissons par les PCBs (5 régions françaises
+ Suisse + Luxembourg) .
- synthèse pour le sud-ouest de l'Europe (5 pays) durant
le séminaire Loutre/Ecotox de Skye/Ecosse (Ecotox Conference,
septembre 2000) .
-
l'objectif serait maintenant de poursuivre ce travail selon
plusieurs axes de recherche : modélisation chaînes
alimentaires, problématique seuils-poissons...etc.
Ph.
Berny : deux thèses de 3ème cycle sur la loutre
à l' ENV Lyon (cf articles dans ces Actes du Colloque)
-
A. Mazet : Ardèche Drôme, étude écologique,
pollution, aspect sociologique cf. retour de la loutre.
-
Ch. Lemarchand / Univ Clermont : aspects sociologique cf. pisciculture,
développement des populations, impact des polluants,
PCB sur développement et survie, produits phyto &
agricole.
-
Impact des rodonticides (ENV Lyon, animaux collectés
par P. Fournier). Cf objectif Unité INRA, arrêté
anticoagulant : systématiquement loutre, vison,
castor ; analyse labo SAGIR.
Cf.
plan de surveillance au niveau national.
e) génétique
Un
échantillon de 6 loutres des Marais de l'Ouest (sur 36
au total) a fait l'objet d'un mémoire à l'Université
de Liège .
Un autre (17 spécimens / 5 régions) a été
transmis en 1997 par L. Lafontaine à E. Randi (Italie)
à sa demande pour une étude pan-européenne
(8 pays), ces premiers travaux ont été publiés
en 2003
Un
autre partenaire scientifique est K.P. Koepfli, qui a soutenu
sa thèse à l'Université de Californie aux
usa; il a beaucoup travaillé sur les problématiques
de phylogénie interspécifique. Désormais
il envisage de travailler en étroite collaboration avec
E. Randi, afin notamment de mutualiser efforts et moyens : l'objectif
du Réseau de stockage serait alors, notamment, de continuer
à transmettre des échantillons pour poursuivre
ces recherches à une échelle interrégionale
française/sub-européenne. L'IUCN a récemment
appuyé la demande de E. Randi pour obtenir des échantillons.
Plusieurs dizaines d' échantillons nouveaux de loutres
françaises ont ainsi été transmis à
E. Randi pour la poursuite de ces recherches, fin 2004.
7.
perspectives
Une
version première du site reseau-loutres.org
a été mise en place fin 2004, avec téléchargement
des fiches à remplir et création d' une liste
ouverte de diffusion (à laquelle chaque acteur peut librement
s' inscrire / se désinscrire). L' objectif est désormais
d' atteindre les objectifs affichés, notamment une liste,
consultable par tous, des spécimens collectés,
dès lors que cette liste sera suffisamment représentative.
Une base bibliographique spécifique (tox-cad) francophone
pourra aussi être mise à jour et mise ici à
disposition (jointe à la base de données "spécimens
collectés") : toute transmission de liste(s) de
références complémentaires (y compris article
soumis et "littérature grise"...etc) est ici
la bienvenue.
Annexe
1 :
définition
de cinq grands secteurs au plan national, regroupant
chacun plusieurs centres de stockage reconnus/identifiés/accrédités
Annexes
2 et 3 :
Fiches
de collecte et protocole de prélèvements post
mortem
Des
loutres découvertes mortes dans la nature ou en captivité
sont d'une importance capitale pour la recherche. Il est donc
important, pour obtenir un maximum d'informations, de les manipuler
correctement et d'établir un examen post mortem consistent,
détaillé et méthodique. Ce protocole d'autopsie
est établi pour donner de bons résultats et autoriser
des comparaisons significatives lorsque des laboratoires différents
examinent des cadavres.
Lors de la découverte d'un cadavre, il est possible de
le conserver au réfrigérateur entre 4 et 6°C,
mais pas plus de 3 jours avant l'autopsie. Dans le cas contraire,
il est préférable de le congeler à -18/-20°C.
Ce procédé engendre néanmoins des altérations
macroscopiques et histo-pathologiques réduisant la valeur
de l'examen.
Toutes les observations d'autopsie, les résultats de
laboratoire et les caractéristiques des tissus congelés
à -20°C ou dans un fixateur, doivent être enregistrés
de manière précise et standard.
Protocole
FICHE
A : COLLECTE ET BIOMETRIE (cf page suivante)
1.
Attribuer votre propre numéro de référence
au cadavre qui sera ensuite renuméroté nationalement
pour identifier chaque échantillon de ce cadavre (2 codes
différents).
2.
Mentionner la date de découverte, le lieu (avec les coordonnées
géographiques si possible), le nom et l'adresse du collecteur
et la cause apparente du décès.
3.
Faire apparaître la date de l'autopsie et les noms des
participants (vétérinaires ou non).
4.
Peser à sec l'animal à 100g près pour les
adultes et 10g pour les loutrons
5.
Disposer l'animal sur le dos et le mesurer avec une règle
rigide : du museau à l'anus puis de l'anus au bout de
la queue.
En
cas de mort violente (collision routière...), vérifier
alors si le cadavre ne présente pas de fracture de la
colonne (qui peut conduire à des mesures erronées).
Remplir
la fiche jointe
FICHE
B : AUTOPSIE ET PRELEVEMENTS
6.
La radiographie aux rayons X est utile lorsque la cause de la
mort est attribuée à un tir ou bien que le traumatisme
semble inexpliqué. Ceci permet aussi de détecter
les cas d'hydrocéphalie.
La
carcasse doit être examinée au lecteur de puces
pour déceler la présence éventuelle d'un
transpondeur.
7.
Faire un examen externe : cicatrices, morsures (spécialement
sur le museau, la tête, les pattes et la zone ano-génitale),
usure dentaire, abcès, fractures.
Noter
l'état du pelage, des pelotes plantaires et des griffes.
Examiner
les yeux et les oreilles.
Relever
le sexe, la position et le développement des testicules
et apprécier la morphologie de l'os pénien.
Enfin,
tout parasite externe sera conservé dans de l'éthanol
à 70%.
8.
Inciser médianement le corps depuis la mâchoire
jusque l'anus.
Retourner
la peau et observer les dépôts adipeux sur les
flancs.
Enregistrer
l'état d'engraissement sur une échelle de 1 à
3.
Prélever
des échantillons de gras (10-20g), les placer dans du
papier aluminium et les congeler. Dans le cas d'une femelle,
observer le développement des glandes mammaires et détecter
la présence de lait ou de colostrum.
9.
Retirer les côtes postérieures et ouvrir la paroi
abdominale pour observer les organes en place. S'il n'y a rien
d'anormal, prélever des échantillons pour des
examens bactériologiques.
Photographier
toute anomalie en référençant le cliché
(numéro de carcasse).
10.
Prélever et peser chaque organe ainsi que la glande thyroïde,
le thymus, les glandes surrénales, le pancréas.
Les
petits organes sont pesés à 2 décimales
près.
11.
Lorsque les conditions le permettent, placer une section de
5 mm d'épaisseur maximum de chaque tissu dans une solution
de BFS pour un examen histologique. Pour le poumon,10 mm est
acceptable.
Les
petits organes comme la thyroïde sont placés en
totalité dans le liquide conservateur.
Les
tissus montrant des lésions sont aussi placés
dans le liquide conservateur.
Si
l'animal a montré des problèmes neurologiques,
un hémisphère du cerveau doit être conservé
dans du BFS.
12.
En cas de suspicion d'infection virale (maladie de Carré,
maladie aléoutienne...), de petits échantillons
non contaminés doivent être placés dans
des récipients stériles et être conservés
au réfrigérateur à 4°C avant de contacter
un laboratoire virologique qui donnera les conditions de manipulation
et de stockage.
Si
ceci n'est pas possible, alors congeler les échantillons.
13.
Tous les organes doivent avoir été examinés
avant d'ouvrir le tractus digestif afin d'éviter une
contamination.
Examiner
le contenu stomacal, l'identifier si possible avant de le stocker,
congelé.
Lorsqu'un
empoisonnement est suspecté, congeler impérativement
le contenu stomacal.
14.
Couper chaque rein longitudinalement avec au moins 2 incisions
parallèles pour vérifier l'existence de calculs.
S'ils sont présents, les placer dans une boîte
propre (surtout pas dans du BFS à 10%).
15.
Doubler l'échantillonnage (20g) de foie, de rein, de
muscle squelettique et de cerveau dans du papier aluminium et
les congeler pour des examens toxicologiques ultérieurs.
16.
Si la loutre est morte récemment, congeler 20g de foie
en vue d'une analyse de la teneur en vitamine A qui doit être
conduite dans le mois au maximum).
17.
Pour des analyses génétiques :
Prélever
5g de rein ou de langue et le conserver dans de l'éthanol
à 95%. Sinon, le congeler. Attention ! Utiliser ici des
instruments propres sur une surface non contaminée.
18.
Prélever une incisive supérieure pour déterminer
l'âge de l'animal. La congeler ou la conserver dans du
BFS.
19.
Collecter si possible un échantillon de sérum
pour de futures études d'anticorps.
Sinon,
ponctionner du liquide péricardique. Congeler à
-20°C.
20.
S'il s'agit d'une femelle gestante ou si des nouveaux-nés
et des foetus sont présents, peser, sexer et mesurer
les longueurs de la croupe. Il est important de déceler
les problèmes de développement comme la fissure
palatine, l'anophtalmie, l'hydrocéphalie...
Tout
organe anormal (placenta...) doit être mis en culture
pour déceler une éventuelle infection bactérienne.
Les échantillons sont conservés dans du BFS.
Si
possible, examiner le foie pour la vitamine A.
BFS
: solution formolée à 10% (entre 5 et 10%)
FICHE
B
FICHE
D'EXAMEN POST-MORTEM
ET
DE PRELEVEMENTS
(modifié
d'après Simpson, 2002)
"Centre
de stockage" :
Personnes
présentes à l'examen et aux prélèvements
:
N°
de référence :
Longueur
totale : cm Date de collecte :
Du
museau à l'anus : cm Date de l'autopsie :
De
l'anus au bout de la queue : cm Sexe :
Poids
du corps : kg Frais ou congelé :
| ORGANE |
POIDS
(grammes) |
HISTO. |
CONGEL. |
Commentaires |
| Coeur |
|
|
|
|
| Foie |
|
|
|
|
| Rate |
|
|
|
|
| Rein
D |
|
|
|
|
| Rein
G |
|
|
|
|
| Thyroïde
D |
|
|
|
|
| Thyroïde
G |
|
|
|
|
| Surrénale
D |
|
|
|
|
| Surrénale
G |
|
|
|
|
| Poumon |
|
|
|
|
| Thymus
cardiaque |
|
|
|
|
| Pancréas |
|
|
|
|
| Testicule
D |
|
|
|
|
| Testicule
G |
|
|
|
|
| Pelote
plantaire |
|
|
|
|
| Yeux |
|
|
|
|
| Tissu
adipeux |
|
|
|
|
| Muscle |
|
|
|
|
| Utérus/Ovaires |
|
|
|
|
| Cerveau/colonne
vertébrale |
|
|
|
|
| Glande
salivaire |
|
|
|
|
| Vessie |
|
|
|
|
| Contenu
stomacal |
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|
|
|
| Côtes/os |
|
|
|
|
| Incisives |
|
|
|
|
| Sang/Sérum |
|
|
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| Foie
: Vitamine A |
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|
| Urine |
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annexe
4 :
circulaire
Bromadiolone :
carte
synthétique nationale (présence conjointe des
3 espèces à l' échelle départementale)
(SFEPM
2004)
|